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MARCHE MONDIALE POUR LE CLIMAT : « Il faut que les chefs d’Etats aient peur de revenir les mains vides ! »
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Partout ont été brandies des pancartes disant « Chefs d’Etats du monde, agissez ! ». A New York, épicentre du mouvement de mobilisation, le slogan symbole d’espoir de la campagne de Barack Obama a été repris ironiquement pour décrire la situation « Yes we can, but we don’t ! » (Oui nous pouvons, mais nous ne le faisons pas !).
Le message de cette marche est donc simple : les citoyens en ont assez d’être abusés par les vaines promesses de dirigeants frileux et sont inquiets de leur avenir et de celui de leurs enfants face aux catastrophes naturelles et au dérèglement climatique. Notre monde change au rythme des changements climatiques, et l’heure n’est plus à la réflexion mais à l’action. En effet, une nouvelle étude de la revue Science du 18 septembre démontre que d’ici 2100, nous serons environ 10 milliards sur une planète qui déjà est épuisée et essoufflée par le rythme que notre consommation lui impose. Rappelons que le jour du déficit écologique, c’est-à-dire le jour où nous avons utilisé tout ce que la planète peut produire en un an, a été dépassé en août ("Déficit écologique de la planète : la région du Sahel directement touchée"), et qu’il recule chaque année.
Cette mobilisation citoyenne mondiale est donc l’expression de l’urgence du changement que doivent adopter les dirigeants. Le but n’est pas simplement de sensibiliser une énième fois à la cause environnementale, mais bien de forcer les chefs d’Etats à revenir du Sommet Extraordinaire avec des solutions réelles et applicables. Comme l’a bien résumé l’un des principaux artisans de la marche de New York, l’intellectuel Bill Mckibben, il faut que les « Chefs d’Etats aient peur de revenir chez eux les mains vides ».
Si la mobilisation est mondiale, les enjeux le sont aussi. Ainsi, les îles du Pacifique ont les mêmes réclamations que les habitants de Louisiane victimes de l’ouragan Katrina en 2005, et souffrent de l’augmentation du niveau de la mer. Les mêmes pancartes sont vues à New York ou à Palau inscrivant « L’eau monte le long des côtes et sur nous aussi ! ». Les français et les polonais ont quant à eux la même exigence, celle d’une énergie propre pour « 100% d’énergies renouvelables en 2050 ». Les enfants sont particulièrement concernés, car il s’agit de leur avenir, et certains brandissent même des pancartes disant « Je veux pouvoir voir de vraies baleines plus tard » ou « Sauvez mon nounours, sauvez les ours polaires ». Chaque zone géographique est ainsi touchée par le changement climatique, avec comme dénominateur commun la volonté de forcer les dirigeants à agir.
« Notre place est ici, car nous serons les premiers à disparaître si rien n'est fait pour contenir le changement climatique. La pression de la société civile est la seule chose qui puisse obliger les Etats à agir », déplore Tommy Remengesau, le président de Palau (île du Pacifique).
La marche mondiale a été un succès qui n’était pas espéré tant l’environnement n’a pas l’habitude de mobiliser les foules. Pourtant, c’est l’expression d’une lassitude générale et d’une fracture politique et sociale à laquelle on a pu assister, qui laisse à penser que les citoyens entendent bien préserver l’avenir de la planète et donc celui de leurs enfants. Il faut maintenant attendre l’issue du Sommet Extraordinaire pour connaître l’impact réel de ce mouvement citoyen mondial. N’oublions pas que l’objectif à long terme est de parvenir à un accord contraignant lors de la Conférence de Paris en décembre 2015, où pour la première fois tous les pays émetteurs de gaz à effet de serre seront réunis.
Reste à savoir si ce premier instrument juridique contraignant sera adopté et, si tel est le cas, s’il sera assez ambitieux pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et maintenir la barre des 2°C …









