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Sommet sur le climat ... |
Sommet sur le climat : Que peut-on en attendre ?
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En effet, il faut rappeler que Copenhague reste dans les mémoires comme un échec pour l’environnement, les Chefs d’Etat n’ayant participé qu’à la fin du Sommet, juste à temps pour signer un accord déclaratif annonçant le vœu commun de limiter le réchauffement à 2 degrés d’ici 2050... Depuis, les engagements pris n’ont quasiment pas été tenus, comme celui de verser des sommes annuelles dans un Fonds Vert destiné à aider les pays vulnérables à faire face au changement climatique.
Préparer la Conférence de Paris
Le Sommet de New York convoqué par Ban Ki-Moon a donc pour but de préparer les politiciens en amont, afin que les négociations sur les enjeux concrets puissent être fructueuses lors de la Conférence de Paris de 2015, qui, rappelons le, doit aboutir au premier instrument juridique international liant tous les pays émetteurs de gaz à effet de serre. Le Sommet sur le Climat n’avait donc pas pour but de s’achever sur un engagement global, mais de « forcer » les Etats à s’intéresser de près aux questions environnementales qui leur seront posées à Paris en 2015, lors de la Conférence réunissant les 195 pays membre de la Convention-Cadre de l’ONU sur les Changements Climatiques. Il est en effet urgent de réunir les Etats, car l’accord de Paris devra être flexible tout en état global, car chaque pays fait face à des réalités différentes.
Points forts de la journée
Du GIEC (Groupement International d’Experts sur l’Evolution du Climat) à Al Gore (ex vice-président américain), tous étaient mobilisés autour de la même question : réduire les émissions de gaz à effet de serre. En effet, un nouveau record a été atteint en 2013, avec 35,1 milliards de tonnes de CO2 émises. Pour l’ambassadeur de l’ONU pour la paix, Leonardo di Caprio, il est évident qu’un changement de modes de vies s’impose : il ne suffit pas de « changer nos ampoules pour des plus écologiques », mais il insiste sur l’importance des décisions politiques en matière de « taxe carbone, arrêt des subventions aux énergies fossiles, condamnation des pollueurs etc. ».
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Ban Ki-Moon insiste sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre et veut fixer un « prix pour le carbone », espérant qu’en touchant au portefeuille des Etats, ils seront plus enclins au changement.
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La Corée du Sud (qui a vu ses émissions de gaz doubler en 20 ans) lance un marché carbone en 2015 c’est-à-dire qu’elle permettra aux entreprises d’acheter ou de vendre des crédits carbone en fonction de leurs besoins.
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Le Costa Rica (qui abrite 3% de la biodiversité mondiale) lance un moratoire sur le pétrole avec pour objectif d’être neutre en émission de carbone en 2021.
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Barack Obama appelle à l’action en reconnaissant la responsabilité « particulière » des Etats-Unis et de la Chine, les principaux émetteurs de gaz à effet de serre de la planète. Il a également rappelé son engagement de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 17% en 2020.
Un bilan mitigé
Si l’initiative de Ban Ki-Moon mérite d’être saluée, car il a réussi à réunir 120 Etats sur 195 à la veille d’une Assemblée Générale de l’ONU sur le terrorisme, le bilan du Sommet est terni par le « cinglant mépris » des 5 plus gros pollueurs de la planète, qui n’ont pas daigné assister à la Conférence ou, pour certains, n’ont envoyé que des représentants symboliques. Ainsi, ont été absents les Chefs d’Etats de :
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La Chine, le pays le plus émetteur de gaz à effet de serre depuis 2008
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L’Inde, 3ème plus gros pollueur en termes d’émissions
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La Russie, 4ème sur la liste des pays émetteurs
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Le Japon, 5ème pays à émettre le plus au monde
Si personne n’espérait d’accord global, les échanges ont quelque peu déçu par leur généralité et aucune piste concrète n’a été abordée. Il est vrai que l’enjeu est vaste, technique et complexe : les modèles économiques s’étant fondés sur les énergies « nouvelles » n’ont pas montré un avenir très prospère (comme en Allemagne) ; les pays en développement et forts émetteurs comme l’Inde rechignent à signer des accords qui ralentiront leur essor économique ; les pays les plus vulnérables sont souvent des pays en développement qui subissent les conséquences directes des émissions des gros pollueurs (comme les îles du Pacifique) ; quant aux solutions écologiques destinées à ralentir les émissions mondiales, elles sont très coûteuses (comme celles de l’Agence américaine de protection de l’environnement) et n’ont qu’un impact infime sur les émissions mondiales de CO2 …









