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L’enseignement des sciences au Sénégal devant des choix cruciaux

07 Avr 2016
Categorie: Actualités
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La question de l’enseignement des sciences est au Sénégal l’objet d’une réflexion importante depuis deux décennies et qui s’est enrichie d’apports extérieurs, notamment dans le cadre des échanges interafricains.

Dans un pays en développement comme le Sénégal, il n’y a probablement plus rien à démontrer ni plus personne à convaincre quant à l’importance du rôle des sciences et de la technologie dans la stratégie de développement socio-économique d’une nation. Il nous faut en revanche souligner le décalage qui existe généralement entre la reconnaissance de ce rôle assortie de déclarations d’intention et ce qui est effectivement mis en œuvre au niveau du système éducatif.

© 123rf

 

En ce qui concerne le Sénégal, il serait injuste de prétendre que rien n’a été fait. De louables efforts ont été entrepris par l’État dans le domaine de l’éducation en général, et dans celui de l’enseignement des sciences et de la technologie en particulier.

 

Il est bien connu que ces efforts sont toujours limités, dès le départ, par des considérations financières. Il ne fait aucun doute que certaines actions auraient eu une toute autre portée si elles avaient été précédées d’une meilleure préparation et si elles avaient bénéficié de davantage d’imagination, de cohérence et de suivi.

 

Si l’on fait référence à l’un des objectifs prioritaires de tout système d’enseignement démocratique, qui est de viser à des taux de scolarisation, d’éducation et de formation aussi élevés que possible, force est de constater que la situation actuelle au Sénégal, dans le domaine de l’enseignement des sciences et de la technologie, est loin d’être satisfaisante. Des disparités de toutes natures s’opposent à ce que l’ensemble des élèves de même niveau bénéficie des mêmes chances de réussite.

 

Le contexte sénégalais : de nombreuses disparités

  • Le cursus scolaire
    Suivant leur établissement d’origine, les élèves sont amenés à commencer l’étude des sciences physiques soit au niveau de la classe de 4e, soit au niveau de la classe de 2nde. Autre exemple : les travaux manuels éducatifs (TME) concernent les seuls élèves de 6e et 5e des collèges d’enseignement moyen (CEMT). L’éducation technologique n’est enseignée que dans les blocs scientifiques et technologiques (BST) et dans quelques rares collèges.
  • Le corps enseignant
    Dans la plupart des disciplines, les enseignants n’ont pas tous reçu la même formation, aussi bien théorique que pédagogique. Certains ont reçu une formation initiale de deux années après le baccalauréat, d’autres de quatre et ce, indépendamment de la discipline enseignée. On recense également des enseignants formés à l’enseignement soit d’une seule discipline (mathématiques, sciences physiques, sciences de la vie et de la terre), soit de deux disciplines (mathématiques/sciences physiques, sciences de la vie et de la terre/sciences physiques ou mathématiques/ sciences de la vie et de la terre).
  • Disparités administratives
    Non négligeable également est l’incidence que peuvent avoir sur le travail des enseignants certaines inégalités administratives, ainsi que l’illustre l’exemple caractéristique des professeurs du cycle moyen qui sont placés sous l’autorité d’un inspecteur départemental de l’enseignement élémentaire s’ils sont en poste dans un collège ou un BST (bloc scientifique et technologique) d’un proviseur, s’ils sont en poste dans un lycée.
  • Infrastructures
    À quelques exceptions près (blocs scientifiques et technologiques, laboratoires dans certains lycées), le constat général est qu’aujourd’hui encore, l’enseignement des sciences et de la technologie s’opère majoritairement dans les salles de classe conventionnelles. L’idée selon laquelle les sciences et la technologie peuvent être enseignées sans le laboratoire conventionnel anime encore bon nombre de décideurs, qui ne se réfèrent pas aux spécialistes des disciplines scientifiques et technologiques.
  • Ressources financières
    L’affectation par les décideurs politiques de fonds insuffisants pour l’acquisition du matériel met en cause la bonne mise en œuvre des programmes d’enseignement des sciences et de la technologie pourtant approuvés par ces autorités. Étant donné que l’on n’accorde pas à ce coût une aussi grande importance que celle qu’on accorde aux programmes eux-mêmes, il en résulte des problèmes financiers qui paralysent l’enseignement de ces disciplines, sans parler de la pratique expérimentale.

 

Le Comité national pour le développement de l’enseignement des sciences et de la technologie

Cependant, des perspectives intéressantes semblent se dégager. Devant les faibles performances des élèves en sciences et en technologie à tous les niveaux du système éducatif, les autorités politiques ont pris l’initiative de commanditer une étude dont l’objectif est d’asseoir une politique cohérente de l’enseignement des sciences et de la technologie à tous les niveaux, et en phase avec les besoins de développement économique du pays (Sané, 2009). L’étude a été confiée à un comité national composé d’une dizaine de cadres nationaux et mise en place depuis février 2004.

 

Suite à cette étude, deux documents de synthèse ont été rédigés : « Diagnostic » et « Recommandations ». Ces deux documents, validés par deux séminaires nationaux, sont à la base de synthèses articulées du diagnostic de l’enseignement actuel des sciences et de la technologie et de leurs valeurs sous-jacentes (Sané, 2009). Ces synthèses révèlent qu’un certain nombre de valeurs organisées en système cohabitent de façon paradoxale tant au niveau central que sur le terrain. À chacune de ces synthèses du diagnostic correspondent des recommandations pour rénover l’enseignement des sciences et de la technologie et le faire reposer sur un système de valeurs cohérentes.

 

Des innovations prometteuses, l'exemple de l'Institut des Métiers de l'Environnement et de la Métrologie (IMEM)

En 2003, le Pr Adams TIDJANI Enseignant-Chercheur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a initié, au sein de l’UCAD, un Master Professionnel en Environnement (MPE).

En 2014, année de la 11ème promotion du MPE et fort d’un bilan encourageant (+150 auditeurs formés avec un taux d’insertion professionnelle de près de 90%), le Pr Adams TIDJANI en collaboration avec Mr Birame FAYE Officier des Sapeurs-Pompiers, Expert en Sécurité et Santé au Travail se décide à mettre en place l’Institut des Métiers de l’Environnement et de la Métrologie (IMEM) à Dakar situé à Liberté 6 N° 7996.

 

Pr Adams TIDJANI, Fondateur de l'Institut des Métiers de l'Environnement et de la Métrologie

 

En Avril 2013, pour faire face aux crises cycliques de nos universités et au déséquilibre entre les filières littéraires (70%) et scientifiques (30%) que le Conseil Présidentiel sur l’Enseignement Supérieur et la Recherche a inscrit la promotion des STEM (acronyme signifiant ’Science, Technology, Engineering and Mathematics) en URGENCE NATIONALE.

 

En effet, d’après le rapport général résultant de la Concertation Nationale sur l’Enseignement Supérieur au Sénégal (CNAES, 6-7 avril 2013) "l’offre de formation souffre d’un handicap majeur dû à une insuffisance de formations professionnelles et techniques".

 

C’est pour rompre avec cette logique et répondre à la demande des autorités et du marché que l’Institut des Métiers de l’Environnement et de la Métrologie (IMEM) est en mesure de répondre à 2 préoccupations majeures :

- Former des scientifiques ’prêts à l’emploi’ dès la fin de leur DUT,

- Anticiper et répondre aux défis majeurs du développement durable par des travaux de recherche et l’usage des éco-technologies.

 

Laboratoire de Physiques de l'IMEM

 

Face aux enjeux du développement durable et de la nécessité de promouvoir un ‘savoir agir’ dans le domaine des sciences et techniques, la création d’un Institut des Métiers de l’Environnement et de la Métrologie (IMEM) vient à point nommé.

 

L’IMEM, vitrine du label ‘ETUDIER AU SENEGAL’, entend proposer une formation initiale (Bac +2) et une formation continue (renforcement des capacités) aux métiers émergents de l’environnement et de l’éco-technologie.

 

Src: http://ries.revues.org/675