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Le Sénégal arrête 5 trafiquants de 2634 peaux et parties d'animaux protégés

11 Nov 2014
Categorie: Cartons rouges
Tag: PHP

 

 

Le 31 octobre 2014, une grosse opération menée par la DIC (Division des Investigations Criminelles), le Ministère de l’Environnement et le Projet SALF (Projet Sénégal Application de la Loi Faunique) a permis d’arrêter en flagrant délit 5 trafiquants internationaux, en possession de 2634 peaux et parties d’animaux de contrebande (singes, pythons, hyènes, antilopes), dont les dépouilles de 12 lions. Rien que la valeur des peaux de lions et de celles des quelques panthères saisies atteint 6 millions CFA.

 

Les contrebandiers, dont 3 nigériens fichés comme faisant partie des plus gros trafiquants du Sénégal en la matière, doivent être jugés le 12 novembre à Dakar. Les contrebandiers exerçaient un commerce à grande échelle depuis la Médina, faisant venir leurs « produits » depuis le Niger, la Guinée, le Mali, le Congo ou encore le Kenya, pour les exporter vers le Liban et l’Europe, sans oublier les nombreuses ventes à Dakar même.
Ce sera la seconde fois que les tribunaux sénégalais auront à juger de ce commerce particulier, espérons qu’ils se montreront plus sévères que la première fois, le 31 mai 2014, où les 2 trafiquants d’ivoire ont simplement été condamnés à 500 000 FCFA d’amende ainsi qu’à 1 mois de prison symbolique.

L’extinction des lions en Afrique

La menace d’extinction des lions en Afrique est largement sous-estimée. Les dernières études (notamment celle du Fonds International pour la Protection des Animaux à voir ici : "Science directe") montrent qu’il ne reste qu’à peine 200 lions dans toute l’Afrique de l’Ouest. A l’échelle du continent, la population de lions ne représente aujourd’hui que 4% de celle des années 1940. Les scientifiques s’accordent ainsi à dire que l’espèce aura disparu totalement d’ici 10 ans, entre le braconnage et la chasse sportive.

Un commerce international qui finance le terrorisme

Le trafic illicite d’espèces est un crime international très bien organisé. Il occupe d’ailleurs la 4ème place des commerces illicites dans le monde (juste après la drogue, les armes et les êtres humains). Il représenterait plus de 20 milliards de dollars de bénéfices par an. Or, ce commerce international porte atteinte à la stabilité et à la sécurité des Etats africains, avant tout parce qu’il attire des contrebandiers et braconniers ayant des moyens dissuasifs et violents de plus en plus importants. En effet, la plupart de ces trafics illicites financent des guerres et des activités terroristes.

Un commerce illicite extrêmement difficile à arrêter

Le problème de ce genre de trafic tient bien sûr au caractère international des faits : un animal va être tué au Niger, puis vendu en Ouganda, les fonds étant renvoyés au Tchad etc. Au-delà de la traque difficile des trafiquants, il faut bien comprendre que la loi est loin d’être répressive en matière de crimes fauniques, la plupart des pays concernés. Heureusement, de plus en plus d’Etats prennent la menace au sérieux et criminalisent le trafic faunique : par exemple le Kenya inflige la perpétuité en cas de trafic d’ivoire (un trafiquant de cornes de rhinocéros a ainsi pris 77 ans de prison en août 2014). Le Sénégal, s’il se montre efficace jusqu’ici, devrait raffermir sa législation en matière de crime faunique, avant qu’il ne soit trop tard. C’est d’ailleurs en ce sens que luttent aussi le réseau EAGLE (Eco-Activist for Governance and Law Enforcement) et l’ONG WARA (dans le cadre du Projet d’Application de la loi Faunique au Sénégal).

Le Sénégal est en effet situé à un carrefour idéal pour des trafiquants désireux d’établir une liaison entre l’Afrique et le Nord. Rappelons que notre magnifique parc Niokolo-Koba pourrait être une réserve animalière et une destination touristique unique au monde, s’il n’était pas constamment privé de ses ressources par les braconniers et divers contrebandiers …