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La salinisation des sols : un frein au développement de l’agriculture

16 Mars 2015
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Au Sénégal, la salinisation des sols touche pratiquement toutes les régions en particulier les bassins des fleuves Casamance, Gambie, Sine Saloum et le Delta du fleuve Sénégal. Plus d’un million d’hectares seraient ainsi affectés par la salinisation et l’acidification. Ce phénomène qui s’étend au fil des années remonterait aux années 1920 suite aux périodes de sécheresse. Plusieurs études ont tenté d’expliquer les phénomènes de salinisation des terres et de proposer des solutions de récupération depuis 1964 mais ce n’est que récemment que l’on a commencé à mettre en relation salinisation des sols et changements climatiques.

 

L’agriculture, l’un des secteurs clés du développement économique et social du Sénégal, est fortement touchée par le phénomène de salinisation. Sa forte dépendance à la pluviométrie rend aléatoires les productions enregistrées, celles-ci ne satisfaisant plus les besoins alimentaires des populations. Ce qui rend ces populations encore plus vulnérables aux changements climatiques et les contraint à augmenter les surfaces cultivables.

Cette situation a amené les populations à défricher certaines réserves naturelles et les zones marginales telles que les plateaux, les zones de parcours, etc. Cette situation ne peut perdurer au risque de mettre en péril l’équilibre de nos écosystèmes et notre environnement en général. Ainsi, la récupération des sols salés devient une nécessité pour l’atteinte de la sécurité alimentaire avec comme corollaires la réduction de la pauvreté et l’adaptation aux changements climatiques.

L’une des techniques les plus communément utilisées pour la récupération des sols salés est la construction d’ouvrages anti-sel. Elle n’est pas durable car la salinisation se poursuivait souvent par capillarité. Celle entreprise avec les techniques biologiques bien qu’ayant eues des débuts prometteurs n’a pas donné dans la durée les résultats escomptés.
Face à cette situation, des recherches ont été conduites au Sénégal par l’ISRA, en particulier le Centre national de recherches forestières et ses partenaires, sur la problématique de la restauration agronomique des sols salés par des procédés biomécaniques.

Dans ces projets, les populations ont été malheureusement peu responsabilisées si bien que les résultats, bien qu’améliorés, ont eu peu d’impact sur leurs conditions de vie.
Pour éviter les erreurs du passé, capitaliser les leçons de quelques expériences réussies et utiliser les savoirs déjà acquis par les populations, CARITAS, GREEN Sénégal et TARA ont conjugué leurs efforts de réflexion et d’action pour continuer l’expérimentation (sociale et technologique) dans leurs zones d’intervention.
Ainsi, le projet partenariat multi-acteurs pour l’adaptation des populations vulnérables à la salinisation des sols, induite par les changements climatiques au Sénégal (PROMASC), est devenu un cadre de dialogue, d’échange et d’apprentissage mutuel entre les partenaires situés à différents niveaux mais poursuivant un même but.
L’objectif général du projet était d’accroître les capacités des communautés rurales, des organisations communautaires de base, des décideurs locaux et nationaux à faire face à la salinisation des sols induite par les changements climatiques, par des actions collectives et individuelles en mettant à profit un partenariat multi-acteurs destiné à exploiter les résultats des recherches passées, expérimenter collectivement des innovations technologiques et sociales notamment en diversifiant les activités productives.

 

© VIE 2015 / Abdourahmane Tamba ---- Dr Elhadji Faye