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Enquête sur le vieillissement au travail au Sénégal

24 Mars 2015
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Avec les difficultés financières actuelles, de nombreux pays auraient tendance à augmenter l’âge de la retraite. Cette prolongation de la vie active soulève des questions quant à la motivation et aux capacités des travailleurs à prolonger la durée de leur vie professionnelle. Les attitudes de maintien dans l'emploi des travailleurs dits âgés et leur capacité à être performants au travail sur la base d’approches individuelles et organisationnelles du vieillissement au travail ainsi que d’une approche psychosociale vont dépendre de leur historique en termes de pénibilité au travail. Dans cette enquête que nous avons conduite auprès d’une centaine de travailleurs, la perception de la pénibilité et du vieillissement au travail a été analysée.

 

Sur la centaine de travailleurs qui ont été enquêtés, 17% étaient des femmes contre 83% d’hommes. Les règles de parité ne sont pas respectées mais cela reflète l’architecture du monde du travail au Sénégal.

Malgré les bonnes dispositions que les uns et les autres prétendent avoir pour leur travail, la fatigue est la plus fréquemment indexée comme conséquence de l’activité professionnelle. Ensuite, les maux de reins, le rhume, la myopie et le mal de dos sont les plus cités comme maux dont souffrent les travailleurs. Certains de ces maux pourraient être en relation avec le poste de travail qui, souvent, n’est pas adapté. En effet, 64% prétendent que leur pathologie est due à leur travail contre 36%. 60% des travailleurs interrogés ne jugent pas leur travail pénible.

A la question de savoir si le travailleur sénégalais vieillit plus vite à cause de son travail, 64% ont répondu par l’affirmative contre 36%. Les travailleurs imputent ce vieillissement prématuré à plusieurs facteurs que sont le bruit, le travail devant écran, les poussières, etc. .

Il est bon de noter que tous ces facteurs de risques pourraient réduits si la santé et la sécurité au travail avaient été une priorité dans les entreprises de la place. Les travailleurs sont très conscients de cet état de fait car 66% contre 34% pensent que leur employeur ne les met pas dans les meilleures conditions de travail. Très peu d’entreprises disposent de comités d’hygiène, de santé et sécurité au travail (CHSST) qui auraient dû prendre en charge de telles problèmatiques. Par un suivi régulier des travailleurs, on doit pouvoir jauger sa capacité à un poste, capacité qui évolue et dont il faut tenir compte. Sous nos cieux, les travailleurs débutent et finissent souvent au même poste de travail même si leur capacité « s’éffrite » dans le temps.
Il y a un aspect que nous n’avons pas pris en compte dans notre enquête : c’est celui des contraintes de cadence. En effet, avec l’âge, on a tendance à aller moins vite (origine motrice ou sensorielle) ce qui peut ralentir une chaine de production.
Egalement, vu l’état de crise de l’économie, les entreprises ont aujourd’hui tendance à « serrer les temps et supprimer tout temps mort ». Ce qui amène les travailleurs à être polyvalents. Les vieillissants ont tendance à rechigner devant de telles situations ce qui entraine une situation de stress auquel s’ensuit un vieillissement prématuré.

Il est connu que le vieillissement se traduit par un certain nombre de transformations du corps, qui s’effectuent de façon assez insensible dans la première partie de la vie. Entre 40 et 50 ans, les effets fragilisants sont, en moyenne, encore relativement limités, tandis qu’après 50-55 ans, la baisse des possibilités physiques s’accentue. Cela varie beaucoup selon les situations de travail vécues précédemment et l’âge auquel on a commencé à travailler.

A l’analyse des résultats de l’enquête, on peut dire que les travailleurs sénégalais sont conscients de la pénibilité de leur travail et de son impact sur leur vieillissement prématuré. Ils sont également conscients que les employeurs ne respectent pas les normes de santé et sécurité au travail sans pour autant qu’ils aient des moyens de pression.

 

© VIE 2015 / Samira Konté