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L'adoption d'un plan ...
 

L’adoption de Plans de Prévention des Risques Naturels (PPRN) s’impose !

26 Juin 2014
Categorie: Cartons rouges
Tag: PHP

 

 

La saison des pluies a déjà commencé en Côte d’Ivoire : des pluies diluviennes pendant 48h, des glissements de terrains, des maisons emportées, et malheureusement près de 25 morts dans ces effondrements.

 

La plupart des victimes vivaient dans des habitations précaires, premières victimes des inondations. Ces tragédies en Côte d’Ivoire nous poussent à réfléchir sur nos systèmes de gestion des pluies que la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest connaissent l’été. Le Sénégal en particulier a souvent eu à souffrir d’inondations bloquant la vie citadine. Quelles sont donc les causes de tels dégâts ? Evidemment, la première des causes ne peut pas être maîtrisée et demeure le changement climatique : nos actions sur les ressources de la planète, notre société de consommation, l’industrialisation plus forte, entraînent un effet de serre conséquent qui modifie nos climats ancestraux. Mais les pluies ne sont pas, en elles-mêmes, les seules responsables. D’autres causes, sur lesquelles nous pouvons agir, sont à l’origine de la plupart de ces accidents.

D’une part, il s’agit souvent d’une urbanisation mal maîtrisée qui aggrave les risques d’inondations car les logements se développent de manière anarchique et dans des zones inondables. La pauvreté est alors la première victime des inondations, tant sur le plan sanitaire (diffusion de maladies à cause des eaux stagnantes), que sur le plan matériel (destruction des habitations etc.). D’autre part, l’absence de mesures de prévention et de maîtrise du risque joue un rôle important dans les dégâts liés aux inondations. En effet, de nombreux facteurs contribuent à aggraver la saison des pluies et provoquent les accidents : les embouteillages, l’absence, le vieillissement ou le manque d’entretien des réseaux de drainage, le manque d’évacuation des déchets solides, le manque d’entretien des routes etc.

L’exemple de Pikine (Sénégal)

Pikine est une ville située dans la zone naturelle des Niayes (anciens lacs ou marigots) où depuis quelques années, on note des problèmes d’inondations, les eaux de pluies d’hivernage stagnant parfois dans certains endroits jusqu’à la saison de pluies qui suit. Dans certains quartiers, les eaux stagnantes sont présentes depuis 1989 ! Or, les autorités en charge de la question dépensent chaque année des milliards pour venir à bout du phénomène et essayer de soulager les populations. Pourtant, chaque année, les mêmes drames se reproduisent, montrant l’importance de mettre en place des dispositifs de prévention des inondations capables d’empêcher les dégâts annuels.
Certes, des stratégies de prévention ont été mises en place à Pikine par l’Etat (pour protéger la population contre les catastrophes naturelles), les collectivités (dons et autres aides aux personnes sinistrées), la société civile et les populations, mais force est de constater qu’elles ne suffisent pas. C’est donc un Plan de Prévention des Risques Naturels (PPRN) adapté qui doit être mis en place, prenant en compte le cadre règlementaire et politique, les dispositions physiques du milieu et les orientations en matière d’aménagement du territoire. Un tel plan prendra ainsi en compte les spécificités de chaque zone de Pikine, guider les plans d’urbanisme, les zones habitables, les spécificités du milieu, l’activité la plus adaptée à chaque partie du territoire etc. Ainsi, on pourra déterminer les zones à risque avec de réelles interdictions de construire ou d’occuper la zone, des obligations de respect des normes de construction et des mesures de lutte en cas d’accident etc. Les PPRN ne seront donc pas seulement qu’un outil de prévention, mais également un moyen de compléter le dispositif de gestion de l’espace des villes.

 

Pour plus d’informations : Voir l’article de Cheikhou Oumar NDIAYE, Magazine VIE n°16, mars/avril 2010.