Actualités
------ |
------ |
Espérance de vie |
Espérance de vie : Où s’arrêtent nos limites ?
Tweet
L’espérance de vie a fait un grand bond comparativement au passé, grâce à l’avancée de la médecine. Nous sommes passés de 27 ans pour les hommes et 28 pour les femmes en 1750, 78 ans pour les hommes et 85 ans pour les femmes aujourd’hui : jusqu’où ira-t-on ? « Peut-on espérer continuer sur cette voie encore longtemps ?», s’interrogent les chercheurs de l’INED (Institut National d’Etudes Démographiques).!

Pourtant, dans les années 1900, l’américain DUBLIN pronostiquait que l’espérance de vie des femmes ne pourrait jamais dépasser 64,7 ans. En 1952, le démographe français PICHAT estimait que l’espérance de vie plafonnerait à 78,2 ans. A la fin des années 1980, le biologiste FRIES assurait que l’espérance de vie n’excéderait pas 85 ans, une moyenne que les japonais ont dépassée depuis, dès 2002. La progression de l’espérance de vie serait-elle infinie ?
D’après les chercheurs, les vrais progrès en espérance de vie ont commencé en 1790, la courbe se divisant par la suite en «segments» qui correspondent chacun à des découvertesmédicales et aux bénéfices qu’en a tirésla communauté humaine. D’après les calculs,en quatre-vingts ans, les hommes et les femmesont gagné quatre mois d’espérance de vie paran, un gain qu’il faut attribuer aux découvertesmédicales, à la disponibilité de l’alimentation, àl’instruction obligatoire, au développement desmoyens de transport ou encore aux avancées enmatière sociale, qui permettent aux personnesd’y avoir accès.
-
Dans les années 1970, l’Islande se hisse au tout premier rang des pays où l’on vit le plus longtemps, détrôné depuis le début des années 1980 par le Japon, qui, avec 86,4 ans pour les femmes, bat tous les records de longévité, les Nippones devançant les Hongkongaises (86,1) et les Françaises (84,5).
-
Côté masculin, c’est le Qatar qui remporte la palme, avec une espérance de vie de 81 ans, devant Hongkong (79,8 ans), l’Islande et la Suisse (79,7 ans). Un progrès dont est encore exclue une immense partie de la population mondiale.
-
En Afrique, l’espérance de vie à la naissance est de 55 ans et en Asie de 69,6 ans.
Cependant, si nous voulons que l’espérance de vie des habitants de la planète se poursuive, nous devons cesser de nous en remettre uniquement aux progrès de la science et de la médecine et prendre conscience que nos choix en matière d’alimentation et d’hygiène de vie sont des facteurs essentiels si nous voulons non seulement vivre plus vieux mais encore vivre plus longtemps et en bonne santé.
Quant à la question de la longévité maximale de l’être humain d’un point de vue biologique, le débat se poursuit car la supposition que la longévité humaine avait une limite biologique indépassable -environ 120 ans- sans doute programmée génétiquement au niveau de notre espèce, est remise en doute. Cette opinion majoritaire était presque devenue un dogme mais celui-ci, comme bien des certitudes que l’on croyait définitives dans les sciences du vivant, est sérieusement remis en question depuis quelques années.
L’idée d’une limite biologique à notre durée de vie, est sans véritable fondement, d’après un article paru dans la revue Science, il y a cinq ans. Les travaux de cet article établissent que depuis 1841, l’espérance de vie a «imperturbablement» augmenté de trois mois par an. Un constat dont ils tirent la conclusion qu’»il n’y a aucune raison de penser que la progression de l’espérance de vie puisse s’arrêter avant longtemps». D’aucuns même n’excluent pas que l’homme puisse vivre plusieurs siècles. «La progression de l’espérance de vie a encore de beaux jours devant elle, mais rien ne permet d’affirmer qu’elle peut se poursuivre longtemps à son rythme actuel», estime l’INED.
Après le combat contre les maladies infectieuses et celui contre les maladies cardiovasculaires, quel sera le prochain moteur qui permettra de repousser encore un peu plus les limites biologiques ?











