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Gouvernance et corruption
 

Gouvernance et corruption dans l’environnement

22 Août, 2014
Categorie: Actualités
Tag: PHP

 

 

Au Sénégal, il n’y a quasiment aucune gestion rationnelle des ressources naturelles. Si les textes élaborent de grands principes, ceux-ci ne sont pas appliqués, ou le sont par certaines structures qui butent alors sur l’ignorance générale, l’appât du gain et les pratiques illicites. On peut ainsi déplorer :

  • Le manque de textes d’application des lois ainsi que l’incohérence et le manque de fédération de certains textes
  • Le manque de moyens de surveillance et d’application des sanctions
  • Une absence de sensibilisation des citoyens aux questions environnementales
  • Un manque de gestion participative et locale des ressources
  • La corruption

 

De manière générale, la corruption vise les commissions versées, les « arrangements », les contournements des règles etc. Il peut s’agir également de piston, d’abus de pouvoir ou de passe-droits relationnels. Les récentes récriminations du peuple sénégalais à l’encontre de l’ex-ambassade de Turquie sur la Corniche Ouest visait non seulement cette structure mais surtout toutes les autres qui se sont étrangement retrouvée sur le domaine public maritime, certaines depuis des décennies. Pourtant, aucune étude d’impact ou aucune autorisation n’a été demandée avant leur implantation…
Il faut bien noter que notre article vise particulièrement la corruption au niveau du gouvernement, des élus ou encore des comités techniques. En effet, il s’agit des cas de corruption les plus « graves » en ce sens qu’il s’agit des décideurs de notre pays, des acteurs ayant le pouvoir de changer nos vies, notre santé et notre économie, en octroyant, contre paiement, des autorisations aux conséquences désastreuses pour l’environnement. Nul besoin de s’attarder sur d’autres types de corruption, comme celle du garde forestier père d’une famille nombreuse à qui les braconniers offriront 10 fois son salaire contre son silence. Si ce type de corruption est tout aussi dramatique pour nos ressources naturelles, celle-ci n’a pas lieu au niveau des prises de décision concernant le pays tout entier. Or, lorsque la corruption provient de ou est acceptée par des personnalités politiques, fonctionnaires, décideurs ou déterminants dans l’évolution du pays, là la situation est catastrophique.

Evidemment, s’attaquer à la corruption dans un pays où elle est presque « coutumière » ou « culturelle » est une tâche ardue. De nombreux facteurs difficiles à endiguer rentrent en jeu : la non fiabilité du contrôle, un manque de force institutionnelle, une absence de décentralisation approfondie, l’usage abusif du pouvoir discrétionnaire, la faible traçabilité des recettes etc. Le Sénégal a pourtant ratifié quasiment toutes les conventions internationales en matière d’environnement, prônant ainsi le respect des ressources, une gestion rationnelle, participative, locale etc. Il s’est également doté de textes règlementaires destiné à protéger l’environnement, ainsi que d’un Ministère de l’Environnement dynamique. La gestion rationnelle des ressources naturelles était en marche. Pourtant, force est de constater que malgré tous les systèmes mis en place pour une bonne gouvernance des ressources naturelles, les actions se heurtent à la corruption et l’impunité des corrupteurs/corrompus.
La prise de conscience n’est plus à faire, reste à agir dans le cadre d’une vision commune pour le bien-être de notre pays, de nos familles et des générations futures.