Chaque année 15 millions d’hectares de forêts sont détruits, soit environ ¼ de la superficie française ou l’équivalent de la Belgique. Ce phénomène serait responsable de 20% des émissions mondiales de gaz carbonique. La moitié est due à des coupes illégales. Les conséquences ne se font pas sentir que sur l’effet de serre mais également localement sur les sols qui ruissellent plus et donc favorisent les inondations, l’évaporation et donc la sécheresse.
Les forêts sont menacées par l’importante déforestation qui a eu lieu au cours des 20 dernières années en raison de la demande croissante de terres – pour l’agriculture, l’urbanisation et l’appétit croissant de l’économie pour le bois et le papier.
Quand un massif forestier a été surexploité par une société forestière, il perd toute sa valeur et ne repousse pas : il est rasé par les industriels de la pâte à papier puis investi par des cultivateurs de soja en Amérique latine par exemple. L’impact sur la biodiversité est dramatique :
- 50% des espèces végétales et animales vivent dans les forêts tropicales,
- 50% des médicaments proviennent de la nature,
- 50% des forêts tropicales ont déjà disparu,
- Moins de 1% des bois tropicaux sont certifiés.
Climat et déforestation
La déforestation qui a eu lieu au cours des 30 dernières années s’est nourrie de la demande croissante de terres – pour l’agriculture, les plantations industrielles (huile de palme, canne à sucre, …) ainsi que de l’urbanisation et de l’appétit croissant de l’économie pour le bois et le papier.
Depuis 1990, l’accélération de la perte de couverture forestière s’est surtout fait sentir dans les pays en développement qui exploitent leurs ressources naturelles à des fins d’exportation- (Indonésie, Brésil). – Le coût du reboisement est souvent hors de portée de ces pays, même quand ils développement une politique pro-environnement, comme au Guatemala .

An area of clearcut forest in Tasmania, Australia. Credit:Matt Palmer
Certains pays riches comme la Croatie, le Canada, la Suisse ont réussi à stabiliser leur couverture forestière voire pour certains, comme la France, ont accru la superficie totale de leurs forêts depuis 20 ans. Néanmoins, malgré ces exemples rassurants, la tendance de fond ne fait pas de doute : les forêts disparaissent rapidement de notre planète.
Les catastrophes naturelles accentuent le phénomène de déforestation.
La déforestation accélère selon la FAO
Le rythme de la déforestation s’est accéléré sur la planète depuis l’an 2000, avec la perte de 6,4 millions d’hectares par an, déplore, dans un rapport de la FAO, l’organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation.
«La déforestation prive des millions de personnes de biens et services forestiers cruciaux pour la sécurité alimentaire, le bien-être économique et la santé de l’environnement», souligne AbdulHakim Rajeb Elwaer, sous-directeur général de la FAO responsable du département des forêts.

Illustration : Violette Courtois – Noé
Les chiffres montrent que «la planète a perdu en moyenne 4,9 millions ha de forêt par an, soit près de 10 ha de forêt par minute» entre 1990 et 20023. Selon l’agence onusienne, ce phénomène est dû en grande partie à la conversion de forêts tropicales en surfaces agricoles cultivables, en particulier en Amérique du Sud et en Afrique.
La diminution du couvert forestier mondial
Selon l’étude de la FAO, «les pertes nettes de couvert forestier, partiellement compensées par le reboisement ou l’expansion naturelle», ont représenté au total 72,9 millions ha sur 15 ans, 32% de moins qu’une précédente estimation (107,4 millions ha). La FAO a souligné que les chiffres diffèrent de l’évaluation des ressources forestières mondiales effectuée en 2010, car ils sont «basés sur des données satellitaires à haute résolution».

Concession d'huile de palme après déforestation à PT Megakarya Jaya Raya en Indonésie. (Source : Ecowatch)
Selon Adam Gerrand, fonctionnaire au département des forêts de la FAO, en Afrique par exemple, l’enquête a «montré un taux (de déforestation, ndlr) beaucoup plus faible que précédemment estimé sur la base des rapports nationaux».
«Nous avons constaté que le plus fort taux de déforestation a touché les forêts tropicales» d’Amérique du Sud et d’Afrique, souligne Adam Gerrand. En revanche, l’Asie connaît une tendance inverse et a été la «seule région à afficher des gains nets dans l’utilisation des terres forestières». Car « les plantations extensives qui ont été signalées par plusieurs pays d’Asie (principalement la Chine) ont dépassé le chiffre des superficies boisées perdues », selon l’expert.
Src: encyclo-ecolo.com





