L’Organisation internationale pour les migrations dénonce « la poursuite et l’aggravation d’un échec mondial à mettre fin à ces décès évitables ».
Environ 7 900 migrants sont morts ou portés disparus sur les routes migratoires dans le monde l’an dernier, soit moins que le record de 9 200 enregistré en 2024, selon un décompte publié, mardi 21 avril, par l’Organisation des Nations unies (ONU).
Au total, plus de 80 000 migrants sont morts ou ont été portés disparus depuis que l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a commencé à recueillir ces données, en 2014. « Les près de 8 000 décès enregistrés en 2025 marquent la poursuite et l’aggravation d’un échec mondial à mettre fin à ces décès évitables », a insisté l’agence de l’ONU pour les migrations dans son rapport annuel sur ce sujet.
Le rapport montre que les 3 400 morts et disparitions recensées sur les routes maritimes vers l’Europe ont représenté l’an dernier 43 % du bilan mondial en 2025. La majorité de ces décès (1 330) a été enregistrée en Méditerranée centrale, suivie de près par la route Afrique de l’Ouest-Atlantique vers les îles Canaries espagnoles, où plus de 1 200 morts ont été vérifiées.
Par ailleurs, « l’Asie a enregistré un nombre de décès sans précédent, parmi lesquels des centaines de Rohingya et d’Afghans, ce qui montre que ceux qui fuient les conflits et les persécutions continuent d’être exposés à des risques mortels », d’après Maria Moita, directrice du département réponse humanitaire à l’OIM.
L’organisation estime qu’environ 1 500 personnes supplémentaires pourraient également avoir disparu et être présumées mortes en 2025, en plus des quelque 7 900 cas recensés.
Répercussions de la politique migratoire de Donald Trump
Globalement, la baisse enregistrée par rapport à l’année précédente « est liée en partie à une diminution réelle du nombre de personnes qui tentent d’emprunter des routes migratoires irrégulières et dangereuses », en particulier sur le continent américain, selon l’OIM. « Mais elle s’explique aussi par les restrictions financières imposées aux acteurs humanitaires qui documentent les décès de migrants sur les principaux axes de migration », a ajouté l’organisation basée à Genève. Ainsi, le continent américain a vu le nombre de décès chuter de 1 272 en 2024 à 408 en 2025.
« Cela ne signifie pas que la migration est devenue plus sûre dans la région. Nous continuons de constater des décès de migrants dans toute la région, et le fait que nous soyons peut-être moins en mesure de les recenser actuellement ne signifie pas qu’ils ne se produisent pas », a relevé André Garcia, une autre responsable de l’OIM. « Plusieurs facteurs ont conduit à l’évolution spectaculaire des flux migratoires en Amérique latine et dans les Caraïbes, le premier étant le changement radical de la politique migratoire de l’administration américaine et la fermeture de la frontière sud », a expliqué Mme Moita.
Mais la baisse des chiffres s’explique aussi par « des retards dans la communication des données », selon l’OIM, qui rappelle que « ce dernier facteur est particulièrement vrai pour la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, où les données de fin d’année sur les décès de migrants n’ont été communiquées par aucun des deux pays ».
La directrice du département réponse humanitaire au sein de l’organisation a souligné qu’« une diminution des arrivées à un endroit donné ne signifie pas que moins de personnes se déplacent, ni que la migration est devenue plus sûre. Dans de nombreux cas, les risques deviennent simplement moins visibles ».
Depuis le début de l’année, l’OIM a déjà enregistré 1 723 personnes mortes ou portées disparues sur les routes migratoires.
AFP





