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Sénégal : Le Mérou ...
 

Sénégal : Le Mérou Blanc (Thioff), une espèce en voie de disparition

20 Mai 2015
Categorie: Cartons rouges
Tag: PHP

 

 

Le mérou blanc, communément appelé "thiof" en wolof, qui faisait le bonheur de tant de foyers sénégalais à midi, ne sera t'il qu'un lointain souvenir du plat national Sénégalais, le "Thieboudieune"? (Riz au poisson).
Le Thiof est une espèce emblématique au Sénégal, un poisson qui était autrefois disponible pour toutes les bourses. Aujourd'hui, il est menacé en raison de la surpêche et de la forte exportation dont il fait l'objet.

Tiep bou dieun - Riz au poisson

 

Selon l’ONG Greenpeace la surpêche est à l'origine du déclin de l'espèce. Il s'y ajoute les pratiques illégales  de pêche qui accentuent la pression sur les stocks. Malgré la situation critique de ses stocks, le thiof continue d’être pêché et exporté  à un rythme inquiétant.
À bord des « navires-usines » sont traitées, conditionnées puis congelées, d’énormes quantités de thioff, rapidement expédiés dans les assiettes européennes, coréennes ou chinoises.
En 2011, 1.649 tonnes de thiof ont quitté le Sénégal vers les marchés d’Europe, d’Asie, du Moyen Orient, d’Amérique du Nord et d’Afrique. A elle seule, l’Union Européenne (UE) a reçu près de 70% de cette quantité. Ainsi le rapporteur spécial à l’ONU Olivier de Shutter estime que « l’accaparement des mers est une menace aussi grave que l’accaparement des terres ». La surpêche met en danger les réserves mondiales de poissons, et les conséquences sont dramatiques pour les pays pauvres, en particulier en Afrique.
Avec ses 700 km de côtes, le Sénégal est pourtant riche d’importantes ressources halieutiques : mérous, thons, espadons, voiliers, sardinelles, chinchards, maquereaux, crevettes et merlus, dorades, mérous, crevettes blanches ou céphalopodes… Mais à l’instar de pays africains dont les richesses en diamants, pétrole, gaz, terres arables, donnent lieu aux pires pratiques de prédation, cette richesse a, elle aussi, attisé les convoitises.

Les pirates ne sont pas les seuls responsables de cette surpêche. Des Accords de partenariat de pêche (APP) permettent à des flottes entières de bateaux européens, russes, chinois de venir légalement surexploiter les ressources halieutiques de la Mauritanie, du Maroc, de la Guinée ou du Sénégal. Au sortir de la colonisation, les États d’Afrique ont investi dans le développement d’une industrie de pêche nationale, plutôt que d’opter pour un soutien massif à la pêche artisanale. 

 

 

Retour de pêche à Kayar, Sénégal. © yannarthusbertrand2.org

 

Vers des solutions durables

Selon la FAO, les illégalités les plus fréquentes sont la pêche sans permis, l'utilisation d'engins de pêche (ou de moyens de pêches tels que la dynamite ou des poisons) interdits. Viennent ensuite la pêche hors des saisons autorisées ou dans des zones fermées à la pêche, ainsi que les captures de juvéniles ou d'espèces dont la pêche est interdite.
Les solutions intuitives telles que réduire l'effort de pêche quand une ressource diminue ne fonctionnent pas dans le domaine de la pêche.
Face à l’exploitation généralisée des mers au profit des capitaux et bénéfices de court terme, une pêche soutenable voudrait préserver l’économie de subsistance des populations locales pour assurer la sécurité alimentaire, la survie économique et la préservation des cultures.


Vendeuses de poissons dans la ville de Mbour (Sénégal)

 

Une des solutions proposées est de changer la gouvernance de la pêche, par exemple avec un partage des prises, pour sortir du cercle vicieux de la concurrence qui pousse à exploiter une ressource, de crainte que d'autres le fassent avant soi. Il s'agirait en quelque sorte de privatiser une part de la ressource.
Chaque pays devra dans sa zone de compétence et dans ce cadre renforcer la qualité des contrôles et la fréquence des inspections (dans ses ports et en mer), délivrer des autorisations aux navires de pêche étrangers, partager les informations sur les navires « illégaux » et aider les pays en développement à lutter contre la pêche illégale.

 

© 2015 VIE | par Samira Konté | Src : Wikipédia – GreenPeace