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Travail informel au Sénégal : l'exemple des métalurgistes
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Ouvrier sans équipements de protection
Selon l’un des leurs dénommé Papa Sow, depuis que les Indiens ont investi la filière de récupération des métaux, ils ont de plus en plus de mal à trouver de la matière et lorsqu’ils en trouvent, le coût est devenu trop élevé pour eux, car ce qu‘ils achetaient à 300 FCFA vaut aujourd’hui 800 FCFA, que ce soit à Colobane ou ailleurs.
Du coup, ils n’arrivent plus à s’en tirer et indexent les revendeurs de ferraille devenus des spéculateurs. Il faut dire qu’avec cette ferraille, ils sont capables de produire toutes sortes d’ustensiles et donc de satisfaire à toute commande à la grande satisfaction des populations du fait du bon rapport qualité/prix.
L’Etat ne pouvant soutenir un secteur aussi informel, il aurait fallu que ces travailleurs s’organisent en regroupements ou mutuelles afin de pourvoir à leurs besoins de santé et de soins primaires en cas d’accident.
En réalité, ces métallurgistes qui ont un savoir-faire certain n’attendent pas grand-chose des autorités et n’y ont jamais réfléchi parce que la question ne s’est jamais posée et, à la limite, seraient suspicieux par rapport à quelqu’un qui prétendrait leur venir en aide alors qu’ils exercent ce travail, des fois, de père en fils, depuis des décennies, sans aucune assistance extérieure. Des organisations sont déjà venues vers eux pour leur proposer des casques ou des gants et d’autres matériels sans que cela ne soit suivi d’effet, ce qui renforce leur méfiance.

Atelier de menuiserie métallique
Mais ils reconnaissent l’urgence de s’organiser en association afin de pouvoir défendre leurs intérêts et se procurer des Equipements de Protection Individuelle (EPI) afin de se préserver de certains accidents, le tout sans se départir d’une certaine fatalité.
Par ailleurs, nous avons rencontré Ndongo Niang, un récupérateur de ferraille, installé vers Castors et pratiquant ce métier depuis une dizaine d’années avec pour investissement une petite parcelle. Ce n’est que par la suite qu’il a acquis une camionnette avec le fruit de son travail. Ndongo nous apprend que le kilogramme coûtait entre 10 et 15 F CFA, il y a quelques années et qu’il parvenait à charger au moins un camion par jour et que maintenant, il n’arrive plus à remplir sa petite voiture, du fait de la forte concurrence dans ce secteur. Les récupérateurs rencontrés pensent que beaucoup d’opportunistes se sont engouffrés dans ce créneau juteux et non réglementé et des fortunes se sont bâties du jour au lendemain. Au point de vue organisationnel, il pense qu’il n’est pas nécessaire de se structurer d’autant que la ferraille est devenue introuvable et qu’ils sont obligés de découper les vieilles voitures, ce qui ne se faisait pas avant. Cette forte demande serait liée à la présence des Indiens qui l’achètent à bas prix et le revendent à prix d’or sur le marché international.
Concernant les questions de santé et sécurité au travail, les seuls types d’accident de travail qu’il a eu à déplorer, tout au long de son existence et de sa présence depuis 1966 sur le marché, sont les éraflures aux bras et aux jambes. Quand on lui parle de risques de contamination par inhalation, rayonnement radioactif et bien d’autres, il balaie d’un revers de main nos propos.
De manière générale, ces travailleurs de l’informel ont su se débrouiller pendant beaucoup d’années sans rien attendre des pouvoirs publics et verraient d’un mauvais œil une autorité qui viendrait les administrer, car, comme pour les métallurgistes, c’est chacun pour soi et, de toute manière, la ferraille, c’est comme qui dirait, au petit bonheur la chance.
Tout en reconnaissant que cela leur serait bénéfique s’ils pouvaient avoir une sécurité sociale, ils s’empressent d’ajouter que la seule chose qui peut mobiliser un ferrailleur est de lui indiquer l’endroit où il pourra trouver de la matière, et non une réunion d’une association à laquelle il ne croit pas de prime abord. Ce qui est donc envisageable, c’est de traiter chaque cas de manière spécifique.











