------ |
------ |
Lampes LBC |
Les Lampes à Basses Consommation (LBC) : 20% d’économie d’énergie, mais à quel prix ?
L’insertion des LBC dans les ménages et entreprises sénégalais a été lancée depuis 2010, lors d’une réunion entre les autorités, la SENELEC, l’ASER, les partenaires au développement, le secteur privé et la société civile. En effet, il faut savoir qu’une ampoule classique perd 95% d’énergie en surchauffe, contre une toute petite partie d’énergie transformée en éclairage (5%). Or, les LBC consomment 5 fois moins d’énergie que des ampoules classiques, durent 4 à 14 fois plus longtemps, dégagent 80% de chaleur en moins lors de la diffusion de la lumière, et surtout moins de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère, principal gaz à effet de serre. Ces nombreux avantages ne doivent cependant pas occulter les potentiels dangers que représentent les LBC tant pour la santé humaine que pour l’environnement.

Comment fonctionnent les lampes fluo-compactes (LFC) ou lampes à basse consommation (LBC) ?
Dans une lampe fluo-compacte, le courant électrique qui parcourt le filament de tungstène génère un arc électrique. Puisque la lampe est en forme de U, l'arc électrique va se propager dans tout le tube. Les électrons qui composent cet arc vont alors percuter les atomes de mercure que l'on a volontairement placés dans le tube. Ces atomes de mercure sont excités et émettent alors une lumière ultraviolette (UV) invisible à l'œil nu. Lorsque ces UV heurtent les poudres fluorescentes présentes à la surface du tube, ils sont convertis en lumière visible blanche.
Impacts du mercure sur la santé humaine
Le mercure est un déchet dangereux, généralement interdit dans les équipements électriques et électroniques, mais pouvant être autorisé de façon exceptionnelle et limitée. Le mercure représente 0,005% du poids d’une LBC, et de nouvelles technologies permettent d’en réduire la quantité progressivement. En théorie, le mercure peut provoquer des atteintes au système nerveux central (détérioration des facultés intellectuelles, troubles de la personnalité etc.). Cependant, pour que de tels effets apparaissent, il faut une exposition prolongée à des doses élevées. On peut d’ailleurs préciser que les LBC contiennent 5 fois moins de mercure que nos tubes à néon disséminés un peu partout dans nos bureaux, salles de bains et cuisines.
Cependant, ce sont les travailleurs exposés (et, dans nos pays Africains, les travailleurs informels) constamment au contact d’ampoules LBC cassées (et donc de mercure) qui encourent de réels dangers : inflammation des poumons, lésions rénales, tremblements, voire décès en cas d’ingestion de mercure en grande quantité etc.
Impacts des rayonnements électromagnétiques et des UV sur la santé humaine
Le Comité scientifique sur les risques sanitaires émergents et nouvellement identifiés (Scenihr) a, depuis 2008, mené une étude destinée à savoir si les LBC pouvaient aggraver certaines maladies (migraine, épilepsie, maladies de peau etc.). Les résultats ont été concluants : seule une exposition prolongée à moins de 20cm pour une ampoule de 5W et 50cm pour une ampoule de 20W peut représenter un danger. Il convient d’être vigilant quant à l’utilisation d’une LBC en lampe de chevet et/ou de bureau. Cependant, au regard des émissions radio-électriques de la radio, télévision, téléphonie mobile et autres, bien plus dangereuses à la santé et à l’environnement, les émissions des composants qui se trouvent dans les LBC sont bien moindres.
Impacts du mercure sur l’environnement
Le mercure est un déchet dangereux, soumis à un traitement particulier. Le risque est que les ampoules, une fois jetées par leurs usagers, soient mal traitées et se brisent, libérant ainsi le mercure qu’elles contiennent. Or, le mercure se transporte et s’infiltre très facilement, dans l’eau, l’air et les sols, impactant ainsi la biodiversité à tous ses niveaux, et l’être humain en fin de chaîne alimentaire. L’important est donc d’avoir des structures de recylage adaptées à ce déchet particulier. Le Sénégal réfléchit depuis 2010 à la création d’un centre de recyclage adapté au mercure. Une telle installation serait fortement pourvoyeuse d’emplois et garantirait un minium de sécurité.
D’ailleurs, VIE a mené une étude auprès de la population pour savoir si elle accepterait de participer à une collecte des LBC usagées, à rapporter à la SENELEC par exemple, contre une nouvelle LBC à moindre coût. Presque 90% des personnes interrogées étaient favorables à une telle collecte. Favorisons une rationalisation de la consommation d’énergie, pour un avenir plus durable !
Pour plus d’information sur le recyclage des LBC, commandez le Dossier complet - spécial LBC, dans le Magazine VIE N°16, mars-avril 2010 (contact@environnement-afrique.com)











