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Le danger des déchets plastiques

11 Fev 2015
Categorie: Actualités
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Les plastiques ont envahi notre quotidien. Comme la plus part des pays, le Sénégal n’échappe pas à la problématique posée par la question des déchets plastiques surtout ceux provenant de l’emballage. Les conséquences négatives de la croissance exponentielle des déchets plastiques sur notre environnement ont amené certains à proposer l’interdiction de leur usage, ce qui serait difficile voire impossible à l’heure actuelle car le « plastique s’est bien implanté ». Les déchets plastiques, dont la durée de vie peut aller jusqu’à trois milles ans, envahissent aujourd’hui nos plages, nos quartiers, nos champs et tout autre espace vers lequel ils peuvent être transportés par le vent.

Dans les océans notamment, le mélange de déchets plastiques de tailles diverses a un impact considérable sur l'environnement. RelaxNews / Richard Whitcombe/shutterstock.com

 

Au Sénégal, ces déchets plastiques représentent 2.5% de la masse globale des déchets ménagers ce qui correspond à un tonnage qui avoisine les 10 000 tonnes. Ce tonnage croît à un rythme de 7% en moyenne par an.
En faisant fi de la réglementation en vigueur au Sénégal, les populations ont tendance à les brûler à l’air libre ce qui contribue à la destruction de l’environnement du fait de dégagement de gaz toxiques.

Le plastique envahi notre quotidien

Les plastiques sont devenus pratiquement indispensables dans notre vie de tous les jours aujourd’hui. On peut prédire, sans risque de nous tromper, qu’ils vont continuer à influencer de manière croissante la vie sur la planète encore pendant plusieurs décennies.
L’engouement du plastique s’est justifié par son coût peu élevé, du fait qu’il soit facilement transformable et, peut épouser toutes les formes dans différentes couleurs, ce qui n’était pas le cas pour les matériaux de base tels que le bois, le verre, le métal et le papier.
On a peu à peu assisté à une substitution de ces matériaux précités par le plastique à des coûts économiques attractifs aussi bien pour l’industrie que pour les populations (par exemple, les coûts énergétiques pour la production d’objets finis en plastiques montrent qu’ils sont 32% plus économiques que le papier, 56% que le verre).

Après l’engouement, la réalité : une situation confuse ?

A l’avènement du plastique, l’objectif premier était de mettre sur le marché des produits durables. La prise de conscience des conséquences regrettables de cette stabilité des matériaux plastiques, face au défi de la préservation de l’environnement, a rapidement pris le dessus. Le besoin de protéger globalement notre environnement a connu un intérêt partagé par tous.

 

Des micro-fragments de plastique pollueraient jusqu'à 88% de la surface des océans et affecteraient aussi la chaîne alimentaire marine. | s0ulsurfing - Jason Swain via Getty Images


Pour protéger notre environnement qui est le théâtre de la vie sur terre, des voix se sont élevées, des accusations ont été portées. Un coupable est montré du doigt : le plastique qui est la pollution visuelle la plus agressive. On le constate aujourd’hui dans la plus part des pays en développement où les emballages plastiques, les bouteilles en plastiques traînent un peu partout dans la nature ou se retrouvent accrochés aux arbres. Les conséquences directes de cette dissémination des déchets  plastiques  dans la nature (et dont la récupération est quasi impossible) sont de plusieurs ordres :

  • Menace du cadre de vie :
    L’apparition de décharges de plastiques et leur dissémination dans la nature peuvent avoir des conséquences néfastes sur l’industrie du tourisme, principale source de devises de notre pays.
  • Perte du cheptel :
    Menace permanente de mort des animaux domestiques ingérant des fragments de sachets en plastique disséminés pour, semble-t-il, leur goût salé. Il est admis que les plastiques sont responsables de 30% de la mortalité du cheptel élevé en milieu urbain. Ceci coûte à l’état sénégalais une dizaine de milliards par année.
  • Menace pour l’agriculture :
    Les plastiques disséminés dans les champs empêchent l’eau de pénétrer dans le sol (imperméabilité) ; ils perturbent également les échanges en air avec les plantes ce qui a des effets négatifs sur la production agricole. Cette baisse de production peut être à l’origine d’un appauvrissement des populations avec pour conséquence l’exode rural, des pertes d’emplois…
  • Menace sur la santé des populations :
    Les plastiques peuvent obstruer les canaux et conduites d’évacuation des eaux usées. Ces dernières, en dégageant des odeurs fétides, polluent l’air tout en favorisant la prolifération des moustiques et des microbes, vecteurs des maladies tels que le paludisme, le choléra, la diarrhée, etc.
  • Menace sur la diversité des espèces
    Les déchets plastiques jetés à la mer menacent la diversité des espèces : en effet, les déchets plastiques (bouteilles, filets, sacs …) jetés par l'homme à la mer ne polluent pas seulement mais sont également un moyen de transport d’espèces "étrangères", en particulier dans des zones protégées.
On peut citer l’exemple de Gandiol où échouent les déchets en amont du bras du fleuve Sénégal. La plus part de ces déchets sont constitués de plastiques dont les tortues marines se nourrissent, croyant ingurgiter les méduses qui ont les mêmes caractéristiques que les plastiques : flottant et gélatineux. Elles s’empoisonnent alors qu’elles venaient pour se reproduire, ce qui menace aujourd’hui l’espèce.

Déchets plastiques en bordure de mer

Les obligations réglementaires

Les déchets plastiques sont soumis aux dispositions particulières de déchets non dangereux. Le code de l’environnement sénégalais, en ses articles L30 à L43 réglemente la gestion des déchets en général dont les déchets plastiques. Cependant, il faudrait spécifier que :

  • Les déchets de plastiques ne doivent être ni abandonnés, ni brûlés à l'air libre.
  • Les déchets souillés par des produits dangereux doivent être collectés et traités

Une attention particulière doit être portée sur les conteneurs en plastiques chargeant les pesticides qui sont réputés être extrêmement dangereux. Souvent, les conteneurs vidés de leur contenu sont recyclés sans aucune décontamination alors qu’ils auraient du être détruits selon les normes internationales (décontamination, compactage et envoi à la fonderie). Au Sénégal, ceci est à l’origine de graves problèmes de santé pour les utilisateurs de ces conteneurs recyclés qui souvent se retrouvent en vente dans les marchés locaux.

 

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