Les maladies cardiovasculaires sont souvent perçues comme un problème de la cinquantaine. Pourtant, de nouvelles données suggèrent qu’un tournant décisif se joue bien plus tôt chez les hommes.
À la trentaine, rares sont les hommes qui se sentent concernés par leur santé cardiaque. Pourtant, les cardiologues observent depuis plusieurs années un phénomène troublant : chez certains hommes, les premières fragilités cardiovasculaires s’installent bien avant les symptômes, bien avant l’idée même de « maladie ».
Une recherche récente, publiée dans Journal of the American Heart Association et fondée sur un suivi exceptionnellement long débutant au tout début de l’âge adulte, permet aujourd’hui de retracer avec précision le moment où les trajectoires de risque divergent.
Une trajectoire de risque cardiovasculaire qui diverge dès 35 ans
Les chercheurs américains se sont appuyés sur une cohorte suivie pendant plus de trois décennies, issue de l’étude Cardia (Coronary Artery Risk Development in Young Adults). Plus de 5 000 adultes, initialement âgés de 18 à 30 ans et sans pathologie cardiovasculaire, ont été observés sur la durée.
Un tournant pour les hommes, mais pas une immunité durable pour les femmes
Si les femmes développent en moyenne des maladies cardiovasculaires plus tardivement, ce décalage ne s’explique pas uniquement par des chiffres de cholestérol ou de tension artérielle plus favorables. Les chercheurs s’accordent aujourd’hui sur une combinaison de facteurs biologiques, hormonaux et sociaux tels que le rôle des œstrogènes, le stress chronique ou encore les trajectoires professionnelles.
Néanmoins, ce constat ne doit pas conduire à une lecture trompeuse. Si les hommes voient leur risque augmenter plus tôt, les femmes ne sont en aucun cas épargnées sur le long terme. Leur trajectoire est simplement différente. Plus progressive au début, elle peut ensuite s’accélérer brutalement.
La cardiologue Iris Jaffe met en garde contre toute interprétation simpliste : les maladies cardiovasculaires restent l’une des premières causes de mortalité chez les femmes. Selon elle, relâcher la vigilance serait une erreur, d’autant que le risque tend à augmenter nettement autour de la périménopause et après la ménopause.
Pour cette raison, elle recommande à tous les jeunes adultes, hommes et femmes, de consulter un médecin au moins une fois par an afin de faire contrôler leur tension artérielle et leur taux de cholestérol. Elle encourage également à s’appuyer sur les huit piliers de prévention cardiovasculaire définis par l’American Heart Association : ne pas fumer, rester physiquement actif, surveiller son poids, sa glycémie, sa tension et son cholestérol, adopter une alimentation équilibrée et accorder une vraie place au sommeil. Des leviers simples, mais déterminants sur le long terme.
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