Après la mort de 15 éléphants en l’espace d’un mois dans le parc national d’Amboseli, les autorités kényanes ont cherché à déterminer l’origine de ces décès. L’enquête vient de livrer ses conclusions.
Une enquête avait été ouverte suite à la mort inexpliquée de 15 éléphants en un mois dans un parc national du Kenya, avait annoncé mardi 28 juillet le service de protection de la vie sauvage du Kenya (KWS)
« Entre le 24 juin et le 24 juillet 2026, 15 décès d’éléphants ont été recensés dans le parc national d’Amboseli« , situé dans le sud du Kenya et frontalier de la Tanzanie.
Dix des pachydermes morts « montraient des signes cliniques similaires, dont une paralysie partielle les ayant empêché de se tenir debout, avant qu’ils meurent en un ou deux jours », tandis que les carcasses des cinq autres « étaient trop décomposées » ou abîmées par des charognards pour que la cause de la mort puisse être établie, note le KWS.
La paralysie frappe surtout des femelles et leurs petits
Les éléphants affectés par cette paralysie sont essentiellement des femelles adultes et leurs petits, seul un mâle adulte étant concerné, note l’institution.
Dès le premier décès recensé, des vétérinaires ont été envoyés sur place pour des examens post-mortems et pour collecter des échantillons à analyser.
Jeudi 30 juillet, l’enquête a rendu ses conclusions. Le décès des 15 pachydermes semble être dû à l’absorption de cyanure, potentiellement contenu dans des pesticides aspergés sur des tomates de fermes des environs, a indiqué jeudi le KWS.
Le rapport d’enquête préliminaire indique que ces éléphants ont ingurgité « une substance toxique, plus précisément du cyanure qui est mortel« , a déclaré à l’AFP Duncan Juma Wanyama, porte-parole du KWS, « chaque fois qu’un éléphant en absorbe, cela affecte ses poumons et son foie« .
« Pour l’instant, on soupçonne qu’ils ont mangé des tomates contenant (…) des pesticides très puissants », a-t-il indiqué. Et « cela pourrait même affecter les humains« , s’est-il inquiété. Des tomates ont été retrouvées dans les estomacs d’éléphants appartenant à une même harde, probablement attirés par des plants de tomates encore vertes de fermes des environs“ a-t-il ajouté.
L’impact dévastateur que les substances toxiques peuvent avoir sur la vie sauvage
L’enquête, toujours en cours, ne permet pas encore de conclure si l’empoisonnement des pachydermes était intentionnel, a-t-il indiqué, estimant que le « haut niveau de concentration » en cyanure était « peut-être » le fruit d’une erreur humaine lors du mélange du pesticide. Au moins un des pachydermes est mort dans la ferme où se trouvaient les plants de tomates. D’autres se sont rapprochés d’un point d’eau, mais ont succombé à leur tour en quelques jours en dépit de l’aide de vétérinaires.
Les autorités tentent de vérifier si d’autres agriculteurs utilisent des produits similaires, a précisé le porte-parole du KWS.
Selon le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), la perte de ces éléphants met en lumière « l‘impact dévastateur que les substances toxiques peuvent avoir sur la vie sauvage, le bétail et les écosystèmes« .
« Les responsables doivent répondre de leurs actes devant la loi« , a déclaré dans un communiqué, le directeur de l’IFAW au Kenya Ben Wandago, appelant à un « contrôle strict des substances hautement toxiques pour éviter leur entrée dans le milieu naturel.“
Le parc d’Amboseli, aire protégée, est mondialement connu pour la richesse de sa faune, notamment ses troupeaux d’éléphants et ses paysages de savane avec en arrière-plan le Mont Kilima, ndjaro, plus haut sommet d’Afrique, situé du côté tanzanien de la frontière avec le Kenya.
AFP




