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Pourquoi les femmes enceintes ne doivent plus bricoler
L’Agence nationale française de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a publié jeudi 22 mai des premiers rapports sur les situations d’exposition potentiellement à risque pour la santé, liées à l’utilisation de produits de consommation courante et/ou d’articles contenant certaines substances toxiques. Ce travail avait été demandé en juin 2009 par le Ministère de la santé. Conclusion: prudence chez les femmes enceintes, qui doivent éviter d’utiliser certains produits de bricolage, d’entretien et répulsifs.

Parmi les cinq substances étudiées, figurent trois reprotoxiques de catégorie 2 (le n-hexane et le toluène, solvants dans les peintures et les colles ; ainsi que le cis-CTAC, conservateur dans les produits répulsifs) et deux perturbateurs endocrinien (l’o-phénylphénol (OPP), que l’on retrouve dans des nettoyants, désinfectants et des désodorisants ; ainsi que le méthyl tert-butyl éther (MTBE), additif de l’essence).
- La reprotoxicité désigne tout phénomène toxique pour la reproduction, entraînant notamment la stérilité : nombreux produits reprotoxiques sont ainsi limités ou interdits sur le marché
- Si ces produits sont des perturbateurs endocriniens (c’est-à-dire qui perturbe le fonctionnement normal d’un organisme), ils peuvent bloquer le développement normal des organes sexuels du fœtus pendant la grossesse
Ce rapport d’évaluation des risques sanitaires (ERS) ne traite cependant que de la présence de ces substances dans les produits de consommation courante, et non dans les aliments, les médicaments ou les cosmétiques. L’Anses en a évalué les dangers, l’exposition de la population, et au final les risques sanitaires. Il en ressort plusieurs recommandations, en particulier celle faite aux femmes enceintes « d’éviter l’utilisation de produits de bricolage, de produits d’entretien et de produits répulsifs (…) contenant du toluène, n-hexane et cis-CTAC », qui engendrent des « situations d’exposition potentiellement à risque pour le développement fœto-embryonnaire ».
La substitution recommandée
De manière générale, l’Anses conseille aux fabricants de substituer ces produits ou, au moins pour le toluène et le n-hexane, d’en abaisser la teneur à 0,1% du volume massique du produit. Pour l’OPP, elle appelle à évaluer la toxicité des substituts possibles ; quant au MTBE, le risque se pose particulièrement en cas d’exposition professionnelle (que l’Anses propose de réduire), à savoir chez les personnes travaillant dans des stations essence.
Si ces 5 agents ont été jugés prioritaires, c’est au total une trentaine de produits, reprotoxiques de catégorie 2 ou potentiellement perturbateurs endocriniens, qui doivent faire l’objet du même travail, rappelle l’Anses. Et ce, en plus d’une autre évaluation, celle de 5 perturbateurs endocriniens, prévue pour cette année dans le cadre de la stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE) présentée fin avril.
Le travail s’annonce long, et n’est pas sans écueil: évoquant «la difficulté à recueillir des informations représentatives du marché français concernant les produits de consommation et les données de composition associées», l’Anses explique que parmi les 37.000 industriels français contactés lors de l’enquête, concernés ou non par l’utilisation de ces substances, seuls 10% ont répondu! Un manque d’entrain dommageable: selon l’Anses, les incertitudes restent «fortes» en termes d’exposition de la population, et donc d’évaluation des risques.











