Un rapport de l’ONU publié ce mardi 24 mars révèle que les populations de poissons migrateurs d’eau douce ont chuté de 81 % depuis 1970. Barrages, pollution et surpêche menacent des espèces emblématiques comme l’anguille ou le saumon, dont les migrations vitales s’effondrent en silence.
Anguilles, saumons, lamproies… Ces espèces qui remontent nos fleuves et rivières depuis des millénaires sont aujourd’hui en péril. Un rapport de l’ONU, publié ce mardi à l’occasion de la COP15 sur la conservation des espèces migratrices, tire la sonnette d’alarme: leurs migrations vitales sont en plein « effondrement silencieux« .
Depuis 1970, les populations de poissons migrateurs d’eau douce ont chuté de 81 %, selon le WWF. En cause: la multiplication des barrages qui bloquent leurs déplacements, la dégradation de leurs habitats naturels, la surpêche et la pollution. Des pressions qui s’exercent souvent à l’échelle de plusieurs pays, rendant la coopération internationale indispensable.
« Les poissons d’eau douce comptent parmi les vertébrés les plus menacés« ,soulignent les experts réunis à Campo Verde, au Brésil, pour cette conférence qui se tient jusqu’au 29 mars. Ces espèces ont besoin de circuler librement entre leurs zones de reproduction et d’alimentation. Ce trajet peut traverser plusieurs frontières.
« Pour protéger ces poissons, les pays devront travailler ensemble pour que les rivières restent connectées, productives et pleines de vie. »
Zeb Hogan, auteur principal du rapport
Face à l’urgence, les scientifiques proposent d’accorder un statut de protection internationale à 325 nouvelles espèces. La grande majorité se trouve en Asie (205 espèces), devant l’Amérique du Sud (55) et l’Europe (50). Parmi les bassins fluviaux jugés prioritaires: l’Amazone, le Danube, le Mékong, le Gange-Brahmapoutre et le Nil.





