Spécialisée dans l’étude des débris spatiaux, cette chercheuse est devenue le symbole de la nouvelle génération de scientifiques engagés pour un accès plus démocratique au savoir.
Née en 1985 à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, de parents aux revenus modestes, Fatoumata Kébé est fascinée par l’espace depuis son plus jeune âge. À huit ans, elle découvre le fonctionnement des étoiles et des galaxies en feuilletant l’encyclopédie de son père. Elle se met alors à observer la Lune tous les soirs depuis la fenêtre de sa chambre et rêve de pouvoir en fouler un jour la surface. Sa vocation était née.
De la banlieue à l’astrophysique
Élève brillante durant toute sa scolarité, elle fait le choix, au début des années 2000, d’étudier l’ingénierie mécanique à l’Université Pierre-et-Marie-Curie. Elle obtient ensuite un master en mécanique des fluides, avec une spécialisation sur l’ingénierie spatiale à l’Université de Tokyo en dernière année, dans un laboratoire qui conçoit de petits satellites.
De retour en France, elle prépare un doctorat en astronomie à l’Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides. En décembre 2016, elle soutient avec succès sa thèse intitulée Étude de l’influence des incréments de vitesse impulsionnels sur les trajectoires de débris spatiaux.
Dans ce travail de recherche, elle modélise la façon dont les fragments de satellites, produits par des collisions, se déplacent autour de la Terre en présentant un risque pour les engins spatiaux évoluant en orbite basse.
Cette spécialisation en fait l’une des rares expertes sur ce sujet, ce qui lui permet d’effectuer des stages à la Nasa, au CNRS et à l’International Space University.
Fatoumata Kébé est un figure montante de la vulgarisation des enjeux liés à l'espace. © TEDx, YouTube
Démocratiser l’astronomie et l’espace
Désormais reconnue par ses pairs, évoluant dans un milieu traditionnellement peu ouvert aux profils féminins et aux classes populaires, elle fonde l’association Éphémérides, dont la mission est de rendre les sciences liées à l’astronomie et au spatial accessibles aux publics précaires et marginalisés.
Grâce à cette structure, elle organise des séances d’observation du ciel ouvertes à toutes et à tous, anime des ateliers interactifs et des conférences éducatives sur les planètes, les étoiles, les galaxies et les missions spatiales, et multiplie les actions de vulgarisation dans les écoles, notamment auprès des jeunes filles, pour montrer que les carrières scientifiques les concernent aussi.
En 2018, Vanity Fair la désigne comme l’une des Françaises les plus influentes dans le monde. L’année suivante, à l’occasion des 50 ans d’Apollo 11, elle publie La lune est un roman, un ouvrage dans lequel elle décrit notre satellite à la fois comme un objet scientifique et comme la source de nombreux mythes et légendes à travers les siècles. En 2024, elle signe Au-delà du ciel, un second livre dans lequel elle emmène le lecteur à la découverte de l’Univers.
À travers ce parcours exemplaire, Fatoumata Kébé montre que l’espace est l’affaire de tous, y compris des communautés défavorisées, et que les jeunes filles de banlieue, lorsqu’elles lèvent la tête le soir pour regarder la Lune, peuvent réaliser leurs rêves.
Src : FuturaSciences





